Colombie : « Laissez nous vivre en paix »

Depuis plus de 40 ans, un conflit armé déchire la Colombie. Au cœur des problèmes se trouvent des intérêts stratégiques et économiques, des richesses minières, la biodiversité et la culture de plantes destinées à la fabrication de drogue. C’est la population civile qui, se trouvant entre l’enclume et le marteau, est de plus en plus entraînée dans le conflit armé et en souffre le plus.

Les parties en présence dans ce conflit sont l’armée colombienne, les paramilitaires et la guérilla. Bien que les structures paramilitaires aient été officiellement dissoutes entre 2002 et 2006, des groupes paramilitaires continuent d’être actifs et ils peuvent toujours compter sur l’appui des forces de l’ordre. Aucune des parties en présence ne respecte le droit international humanitaire. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas pris de mesure efficace pour la protection de la population civile. Il manque la volonté politique d’entamer des négociations de paix. Le gouvernement nie non seulement l’existence d’un conflit armé interne, mais encore l’existence de nouvelles structures paramilitaires.

Déplacements forcés

Plus de 3 millions de Colombiens ont été expulsés de leur domicile par la force depuis 20 ans. Ce nombre est en augmentation en raison du conflit. En 2008, pas moins de 380'863 personnes ont été déplacées. D’innombrables petits exploitants ont dû abandonner leurs biens pour mettre leur famille à l’abri des acteurs armés (forces de l’ordre, paramilitaires, guérilla).

Les raisons de ces déplacements : la majorité des déplacés internes fuit en raison de la violence politique causée par le conflit. Dans la plupart des cas, le déplacement est le résultat d’une stratégie volontaire, mise en œuvre par les acteurs du conflit pour vider de leurs habitants certaines régions. Ou bien parce que ces différents acteurs croient les civils sous le contrôle de leurs adversaires ou parce qu’ils veulent se rendre maîtres de régions d’importance stratégique ou économique.

Impunité

Les déplacés internes ne peuvent que rarement compter sur l’appui du gouvernement. Dans 97% des cas, les violations des droits humains ne sont pas tirées au clair et les responsables pas condamnés. Sur plus de 31'000 paramilitaires démobilisés, 90% sont pratiquement exempts de toute peine.

Faits et chiffres

Meurtres de civils : Plus de 70'000 personnes ont trouvé la mort depuis 20 ans ; la plupart étaient des civils.

Peuples autochtones : La Colombie compte 85 peuples indigènes différents. 32 sont en péril en raison du conflit armé, d’intérêts économiques et d’un manque d’appui de l’Etat.

Disparitions forcées : Entre 15'000 et 30'000 personnes ont été victimes de disparitions forcées depuis le début du conflit.

Enlèvements et prises d’otages : Plus de 20'000 personnes ont été enlevées ou prises en otage dans les dix dernières années.

Torture : 80 cas de torture ont été rapportés. Les forces de l’ordre étaient responsables de deux tiers des cas.

Mines antipersonnel : La Colombie compte le plus grand nombre de victimes de mines antipersonnel dans le monde. Les groupes de guérilla sont responsables de la plupart des mines antipersonnel. En 2007, il y a eu 884 victimes dont 193 ont succombé à leurs blessures.

Syndicalistes : En 2008, 46 syndicalistes ont été tués ou victimes de disparitions forcées.

Enfants soldats : On estime entre 8000 et 13'000 le nombre d’enfants soldats recrutés aussi bien par la guérilla que par les paramilitaires.

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