USA. Un Libyen enlevé détenu dans des conditions inhumaines

Un Libyen capturé le 5 octobre par les forces américaines en Libye a été placé officiellement en détention à l’issue d’une audience d’un tribunal fédéral américain le 15 octobre. Il n’encourt pas la peine de mort, comme le craignait Amnesty International, mais l'organisation demeure préoccupée par les conditions inhumaines dans lesquelles il est maintenu.

Le Libyen capturé le 5 octobre par les forces spéciales américaines, Nazih Abdul Hamed al Ruqai, également appelé Abou Anas al Libi, a été transféré d’un régime de détention militaire à une détention de droit commun le 12 ou le 13 octobre. Dans une déclaration publiée le 14 octobre, le procureur fédéral du district sud de New York a annoncé qu’Abou Anas al Libi avait été transféré dans cette juridiction étant donné qu’il était sous le coup d’une inculpation dans l’État de New York depuis 1998. Selon l’acte d’accusation en question, il est accusé entre autres de participation aux attentats à l'explosif commis en août 1998 contre les ambassades des États-Unis en Tanzanie et au Kenya, qui ont fait 224 morts et de nombreux blessés. Abou Anas al Libi a été présenté le 15 octobre devant un tribunal fédéral. Il a plaidé non coupable des charges retenues contre lui, mais le juge a tout de même ordonné son placement en détention dans l’attente de son procès.

Amnesty International est inquiète à l’idée qu’il soit détenu dans des conditions non conformes aux normes internationales relatives au traitement humain des détenus. D’après les informations recueillies par l’organisation, il est détenu à l’isolement dans le quartier de très haute sécurité du Centre pénitentiaire métropolitain (MCC) de New York, enfermé 23 heures sur 24 dans une cellule dont la fenêtre extérieure est enduite de telle façon qu’il n’a pas de vue et guère de lumière naturelle. Il prend tous ses repas dans sa cellule. Privé de tout exercice en plein air, il peut seulement s’exercer seul dans une pièce vide une heure par jour. Il reçoit des visites de son avocat mais les appels téléphoniques à ses proches seraient restreints.

Certaines de ces conditions, comme l’absence de lumière naturelle et d’exercice en plein air, constituent des violations directes de l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus. Amnesty International considère que ces conditions, surtout lorsqu’elles sont imposées de manière prolongée, s’apparentent à un traitement cruel, inhumain ou dégradant et enfreignent donc les obligations des États-Unis au regard du droit international relatif aux droits humains. Les conditions dans lesquelles Abou Anas al Libi serait détenu sont également incompatibles avec la présomption d’innocence applicable aux prisonniers non jugés, dont la détention ne doit pas être une forme de peine. Plusieurs autres détenus en attente de procès pour des faits ayant trait au terrorisme seraient maintenus dans des conditions similaires dans le même quartier que lui.

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