Deux arabes ahwazis exécutés, trois en danger

Hadi Rashedi et Hashem Shabani Amouri, deux enseignants appartenant à la minorité arabe ahwazie d’Iran, ont été exécutés en secret fin janvier. Trois autres hommes de cette minorité risquent toujours de subir le même sort.

Le 29 janvier, un fonctionnaire du ministère du Renseignement a appelé les familles de Hadi Rashedi et Hashem Shabani Amouri pour les informer que ces deux hommes avaient été exécutés et inhumés quelques jours plus tôt mais ne leur a pas révélé où se trouvait leur sépulture. Il leur a indiqué qu’elles n’étaient pas autorisées à organiser de commémoration publique en leur mémoire et qu’elles ne disposaient que de 24 heures pour assister à une cérémonie privée. Les corps de Hadi Rashedi et Hashem Shabani Amouri ont peut-être été ensevelis dans des tombes sans indication, communément appelées Lanat Abad (« le lieu des damnés ») et réservées aux prisonniers politiques exécutés, dans l’un des trois cimetières de la province du Khuzestan. Des fonctionnaires du ministère du Renseignement ont conseillé aux familles de ces hommes de ne pas communiquer avec des organisations de défense des droits humains si elles ne voulaient pas en subir les conséquences sur le plan juridique.

Le 7décembre 2013, Hadi Rashedi et Hashem Shabani Amouri ont été transférés dans un lieu inconnu, ce qui a fait craindre qu’ils ne soient exécutés rapidement. Ils se trouvaient jusqu’alors à la prison de Karoun, à Ahvaz (province du Khuzestan). Ils ont été arrêtés début septembre 2011, ainsi que trois autres hommes, Mohammad Ali Amouri, Sayed Jaber Alboshoka et Sayed Mokhtar Alboshoka, apparemment en raison de leurs activités culturelles au profit de la minorité ahwazie d’Iran. Le 7 juillet 2012, ils ont été condamnés à mort après avoir été déclarés coupables de plusieurs chefs, notamment d’« inimitié à l’égard de Dieu » et de « propagande contre le régime ». Privés d’avocat et de tout lien avec leurs familles pendant leurs neuf premiers mois de détention, ils auraient subi des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

Mohammad Ali Amouri, Sayed Jaber Alboshoka et Sayed Mokhtar Alboshoka se trouvent encore à la prison de Karoun, où ils sont autorisés à recevoir des visites hebdomadaires de leurs proches. Ils risquent toujours d’être exécutés.

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