Un homme condamné à mort pour blasphème

Mohammad Asghar, un Britannique atteint de troubles mentaux, a été condamné à mort au titre des lois sur le blasphème au Pakistan. Masud Ahmad, un autre Britannique inculpé de blasphème, a été libéré sous caution, mais court toujours le risque d’être agressé par des extrémistes.

En novembre 2012, Masud Ahmad, 72 ans, membre de la communauté religieuse ahmadiyya, a été incarcéré à la prison de district de Lahore pour avoir récité un passage du Coran, ce qui est interdit aux ahmadis en vertu des lois pakistanaises relatives au blasphème. La loi interdit en effet aux ahmadis de se proclamer musulmans et de pratiquer leur foi en tant que musulmans. Masud Ahmad a été libéré sous caution en attendant qu’il soit statué sur l’appel de sa condamnation à mort, mais sa vie est en danger, car plusieurs citoyens ont déjà été agressés, et parfois tués, par des personnes ou des groupes après avoir été accusés de blasphème.

Mohammad Asghar, commerçant âgé de 69 ans, a été arrêté et condamné à mort au titre des lois relatives au blasphème à Rawalpindi en 2010, après avoir semble-t-il écrit des lettres dans lesquelles il affirmait être un prophète. Après avoir eu un accident vasculaire cérébral en 2000, il a été diagnostiqué par un expert psychiatre en Écosse comme souffrant de schizophrénie paranoïde et a connu de fréquents épisodes d’hallucinations. Les avocats de Mohammad Asghar affirment qu’il n’a jamais été établi qu’il avait posté ces lettres ni même eu l’intention de les poster. Ils avancent également que le contenu originel des lettres n’était pas blasphématoire et qu’une ligne blasphématoire a été ajoutée par le plaignant, qui a été en possession des lettres pendant plus d’un mois avant de les remettre à la police. Mohammad Asghar a tenté de se suicider après sa détention en 2010. Aujourd’hui, il fait appel de sa condamnation à mort devant la chambre de Rawalpindi de la haute cour de Lahore. Ses avocats affirment qu’ils n’ont pas pu le rencontrer et que le tribunal a ordonné en octobre 2013 qu’ils soient remplacés par des avocats commis d’office. Toutefois, ayant fait preuve de ténacité, ils ont finalement été autorisés à le voir les 23 et 25 janvier 2014. Par ailleurs, Mohammad Asghar ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin et son état de santé, à la fois physique et mental, est très fragile.

Aux termes du droit pakistanais, le blasphème est passible de la peine de mort, même si l’infraction n’est pas constitutive des « crimes les plus graves » pour lesquels la peine de mort peut être prononcée au titre du droit international. Les normes internationales précisent que la peine capitale ne doit pas être appliquée contre des personnes souffrant de troubles mentaux.

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