Floride. Une juge en faveur de la grâce à l’approche d’une exécution

Ernest Suggs, 58 ans, condamné à mort en Floride, a épuisé toutes ses voies de recours ordinaires et cherche maintenant à obtenir la grâce. Si celle-ci lui est refusée, l’État fixera la date de son exécution. La juge qui l’a condamné à mort en 1992 est en faveur de la clémence.

Dans la soirée du 6 août 1990, Pauline Casey a disparu alors qu’elle était au travail, dans un bar du comté de Walton, en Floride. Son corps a été retrouvé le lendemain matin dans les hautes herbes bordant un chemin de terre à quelques kilomètres de là. Elle avait été poignardée et avait succombé à une hémorragie. Un jury a déclaré Ernest Suggs coupable de ce meurtre et voté à sept voix contre cinq en faveur de la peine capitale. La juge a accepté cette décision et prononcé la peine de mort le 15 juillet 1992. Cette même juge, maintenant à la retraite, a écrit à Rick Scott, gouverneur de la Floride, en août dernier pour lui demander de commuer cette sentence en réclusion à perpétuité, « une peine qui bénéficierait davantage à tous les citoyens de la Floride ».

Ernest Suggs continue de clamer son innocence. Cet homme a été déclaré coupable sur la base d’éléments de preuve indirects et du témoignage de deux anciens compagnons de cellule, James Taylor et Wallace Byars, qui ont affirmé qu’il leur avait avoué être coupable. Ces deux hommes nient avoir reçu quoi que ce soit en échange de leur déclaration. Néanmoins, qu’il s’agisse d’une coïncidence ou non, tous deux ont bénéficié d’une certaine clémence. Il est notoire que les témoignages de codétenus ne sont pas fiables. Dans le cas présent, Wallace Byars a été déclaré mentalement inapte car souffrant d’une mémoire et d’une capacité de jugement « défaillantes », et il devait être hospitalisé de force lorsqu’il a fait sa déclaration à la police. James Taylor a travaillé comme informateur du gouvernement pendant plusieurs années. Un enquêteur – ancien agent du FBI pendant 25 ans, qui travaille maintenant au bureau du procureur général de l’Alabama – l’a interrogé en 1996 et a déclaré sous serment que Wallace Byars et lui avaient menti afin de bénéficier d’un traitement préférentiel, et que les autorités leur avaient fourni assez d’informations sur le meurtre pour qu’ils puissent inventer les prétendus « aveux » d’Ernest Suggs. Toutefois, James Taylor a refusé de signer sa déclaration ou de témoigner lors d’une audience d’examen des éléments de preuve après le procès. L’ancien shérif de la prison a déclaré lors de cette audience que les deux hommes n’avaient pas été chargés d’obtenir ou d’inventer les « aveux » d’Ernest Suggs. Le tribunal a conclu que ce dernier n’avait pas réussi à infirmer la véracité des propos de James Taylor et Wallace Byars.

L’enquêteur a interrogé un troisième ancien compagnon de cellule d’Ernest Suggs, qui a fourni des éléments suggérant que le témoignage original de ces deux hommes était faux. Il a ajouté qu’il avait partagé une cellule avec un autre homme condamné pour un meurtre commis dans des circonstances similaires dans la même région, qui affirmait avoir tué Pauline Casey. Cette affaire était tellement semblable qu’Ernest Suggs était apparemment considéré comme suspect avant qu’il soit prouvé qu’il ne pouvait pas être l’auteur de ce crime. En janvier 2014, son avocat a interrogé un autre prisonnier, qui a assuré avoir vu James Taylor et Wallace Byars préparer leur témoignage.

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