Bienvenue en Suisse

« Vivre de l’aide d’urgence n’est pas une vie, mais n’est pas la mort non plus. Un peu manger, dormir, sinon rien ». Une mère érythréenne de deux enfants.

Le groupe Droits des Femmes a décidé cette année de célébrer la journée de la femme en présentant au public la campagne sur l’aide d’urgence, lancée par Amnesty. Initiée en février 2011, cette campagne, qui se terminera en juin, a pour objectif de réveiller l’opinion et le monde politique sur les modalités désastreuses de cette aide, pénalisant tout particulièrement les femmes et les enfants.

Non à l'aide d'urgenceAu total, quelque 5000 personnes sont contraintes de vivre selon un régime minimaliste, appliqué plus ou moins sévèrement par l’autorité cantonale, sur recommandation de l’Office fédéral des migrations (ODM). Le but étant d’inciter les requérants d’asile déboutés à quitter au plus vite la Suisse de leur propre chef. Mais ceux-ci sont souvent dans l’impossibilité même d’envisager un départ, par manque de papiers ou crainte de rétorsions dans leur pays d’origine.
Sujets à des pressions incessantes, dont les tracasseries administratives au quotidien, ces demandeurs d’asile vivent avec des sommes minimes allant de 6 à 12 frs par jour, pour subvenir à leur entretien, nourriture comprise. Confinés dans des lieux d’hébergement précaires où règne une promiscuité dangereuse pour les femmes, ils sont privés d’assistance médicale et des droits humains les plus élémentaires.

Pour Amnesty, il est donc urgent de dénoncer ce traitement indigne et l’échec de la politique défendue par l’ODM. L’objectif est de réanimer le débat sur l’application de l’aide d’urgence, en sollicitant, par diverses actions choc, l’attention des instances concernées. L’action du groupe Droits des Femmes, dans le cadre de la journée du 8 mars dernier, s’est inscrite dans cette ligne. Les militant-e-s ont animé un stand sur la place du Molard, en centre ville, et sont allé-e-s à la rencontre des Genevois et des Genevoises. Tout en informant la population, souvent dans l’ignorance de cette problématique douloureuse, ils ont réalisé le plein de cartes postales signées, destinées à la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et aux directeurs et directrices des polices cantonales. Reste que le travail accompli n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan d’indifférence qui nous entoure. A nous de ne pas baisser les bras.

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