La protection s’amplifie desormais au niveau international

Le travail habituel d'un groupe d'Amnesty est basé sur des actions dénonçant une atteinte aux droits humains. S'il est important d'obtenir justice pour les victimes, l'idéal, à long terme, est d'établir un contexte qui garantisse le respect des droits fondamentaux de chaque être.
A défaut d'une volonté forte de la part du gouvernement d'un pays d'atteindre cet objectif, les organismes internationaux sont une aide précieuse. Et plusieurs exemples pris dans l'actualité récente confortent cet espérance légitime.

La pierre fondatrice de ce combat fut la déclaration faite par le Conseil des Droits Humains de l'ONU en 2006 et celle de l'Assemblée générale de l'ONU deux ans plus tard. Cette déclaration est la mise en place du principe que « Nul ne peut être stigmatisé, violenté ou abusé où que ce soit ». En travaillant sur ce dossier sensible, le Conseil doit être guidé par le principe de non discrimination universelle.

Une nouvelle déclaration commune lue ce 22 mars 2011 au Conseil des Droits Humains de l'ONU de la part de 85 pays, soit presque la majorité des membres de l'Assemblée générale de l'ONU, lance un appel pour la fin de la violence, de la criminalisation et des violations des droits fondamentaux des personnes basées sur l'orientation sexuelle et/ou l'identité de genre. C'est un pas significatif en faveur d'un consensus international relatif aux droits des personnes LGBT qui démontre que la justification des discriminations basées sur un irrespect des traditions ou de l'ordre naturel sera plus difficile, voire plus intenable, que jamais.

À part le fait que de plus en plus de pays aient signé la déclaration, 85 cette année, 66 en 2008 et 54 en 2006, il s'agit également d'un tournant pour les pays du Sud, cela inclut des régions où cette problématique est particulièrement sensible comme l'Afrique, l'Asie et les Caraïbes. Le contenu des débats a ouvert les yeux de ceux qui niaient l'existence de tels abus au quotidien. Parmi les nouveaux signataires on compte : la République Dominicaine, le Honduras, la République centrafricaine, le Rwanda, les Seychelles et la Sierra Leone. Une mention particulière pour cette dernière dont la courageuse militante FannyAnn Eddy était venue témoigner devant la Commission des droits humains des Nations-Unies en 2004 et qui fut assassinée à son retour.

Autre exemple de l'actualité, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a confirmé que les interdictions d'organiser des défilés de la Gay Pride opposées par les autorités moscovites à un militant russe pour les droits des homosexuels sont une discrimination et une atteinte au droit de réunion. De plus, les participants à ces défilés n'étaient pas protégés des attaques d'extrémistes par une police qui restait passive.

Autre organisme supranational, le Parlement européen a adopté le 6 avril 2011 un texte qui prend en compte les besoins particuliers des demandeurs d’asile LGBT, dans les pays de l’Union Européenne et amende la directive européenne en vigueur qui n’était pas appliquée de façon uniforme et ne tenait pas suffisamment compte de l’homophobie d’état qui sévit toujours dans de nombreux pays. Les personnes LGBT persécutées dans leur pays d’origine, contraintes de le fuir et de demander l’asile en Europe, subissent souvent des discriminations et des violences répétées et traumatisantes. Le plus souvent, les renvoyer dans leur pays signifie à plus ou moins court terme, leur condamnation. Le Conseil Fédéral a refusé en 2010 une initiative parlementaire similaire au prétexte que les procédures d'asile en Suisse, dont les conditions d'obtention sont pourtant de plus en plus restrictives, offrent toutes les garanties suffisantes, ce que de nombreux exemples ne corroborent pas.

Actualité plus locale, la Pride romande itinérante se déroulera à Genève cette année, le samedi 2 juillet 2011. Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre au défilé et à notre stand aux Bastions.

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